La vie telle que nous la connaissons commence à la naissance, nous entraîne dans un tourbillon depuis les apprentissages de l’enfance, au travers des émois de l’adolescence, de l’âge de raison du jeune adulte, la responsabilité des parents, les obligations professionnelles jusqu’à la maturité et le début de ce que nous appelons la vieillesse et enfin le passage de la mort vers l’après dont nous n’aimons pas parler, que nous aurions même tendance à occulter chaque fois que nous le pouvons.  Et pourtant chacun de nous passera par toutes ces étapes de la vie, comme nos enfants et nos petits-enfants.

Pendant notre vie, notre corps est en perpétuelle évolution.  La multiplication des cellules agit sur le corps du bébé, de l’enfant, de l’adolescent de manière spectaculaire.  Dès l’âge adulte, ce mécanisme se ralentit.  Nous voyons ça généralement comme l’arrivée à la maturité mais on peut le voir aussi comme le début du vieillissement qui continuera toute notre vie.  On peut le voir aussi comme une évolution qui continuera toute notre vie.  Alors pourquoi parlons-nous de personnes âgées, de 3ème ou de 4ème âge ?  Pourquoi définissons-nous certaines personnes par leur âge ?  Pourquoi les réduisons-nous à leur âge ?  Je ne sais pas.  Ce que je sais c’est que chacun d’entre nous est unique, tout au long de la vie.  Qu’il ou elle est transformé.e par l’histoire et les événements qu’il, qu’elle traverse.  Que nous ne sommes pas égaux face à la santé et que deux personnes du même âge seront toujours différentes, uniques.

A un certain âge, certaines personnes auront besoin de quiétude voire même de solitude, d’autres de contacts et d’animation, certaines de repos, d’autres de découvrir ce que la vie les a empêché de faire jusque-là.  Certaines personnes auront envie de développer de nouvelles passions, d’autres se sentiront mieux dans un horaire régulier avec des occupations identiques.  Et puis le corps nous trahit, nous rencontrons des problèmes de mobilité ou des douleurs, des pertes de mémoire ou des difficultés à porter des charges plus lourdes, la dextérité des doigts ou la diminution de la vue.  Ces étapes sont des passages, des changements auxquels nous devons faire face, nous adapter.  A chaque étape nous avons à accepter un nouveau deuil.  A chaque étape, une nouvelle autonomie à tisser.

Alors quand une personne a besoin d’aide à une étape de sa vie, parce qu’un passage est difficile ou parce qu’elle ne peut plus faire face à certaines tâches de la vie quotidienne, il est essentiel pour moi qu’elle soit entendue en tant que personne unique et spéciale qui a certaines passions et certains besoins et pas comme une personne qui a tel ou tel âge.  Parce que chacun de nous a quelque chose à apporter et recevoir des autres.  Un bébé est totalement dépendant des adultes pour tout et il leur donne son sourire, son amour, sa confiance.  Nous avons tous, à chaque moment de notre vie, à apporter et à recevoir des autres. Plus nous avançons en âge, plus nous accumulons des expériences.  Celles-ci n’ont pas de prix !  Et pourtant nous avons tendance à oublier cette richesse qui va de pair avec le nombre des années.